| La
maison d'Africa, une somptueuse
demeure aristocratique
Tant
par ses dimensions exceptionnelles
que par la particularité
de certains de ses aménagements
et surtout par l'incomparable
éclat de son riche
décor, la maison
d'Africa est une des plus
somptueuses demeures aristocratiques
mise au jour dans le pays.
Elle est en effet la plus
vaste de toute l'Afrique
romaine avec ses 3000 m²
dégagés jusque
là. Elle est dotée
d'une aile noble où
le maître de maison
recevait luxueusement sa
clientèle de ses
convives. Pour cela, il
avait le choix entre la
fraîcheur des prestigieux
espaces formés par
les quatre galeries pavées
de mosaïques et agrémentées
d'élégantes
colonnes stuquées
et peintes ou la douce chaleur
d'un immense " triclinium
", salon-salle à
manger de 200 m² dont
le sol est orné d'une
mosaïque au décor
bien adapté à
la fonction conviviale de
la pièce : gibiers,
poissons, fruits de mer
et fruits de tout genre
dont une étonnante
coupe en verre remplie de
cerises, autant de délices
dont les hôtes se
régalaient grâce
à la générosité
du maître des lieux.
De nombreuses pièces
réservées
au service ou à toutes
sortes d'autres usages ouvraient
sur les vastes galeries
qui encadraient un grand
jardin, situé un
peu en contrebas et doté
d'un magnifique bassin dont
l'une des extrémités
comportait un socle qui
devait servir de base à
une statue ou de support
à une fontaine qui
ne manquait pas de dispenser
de la fraîcheur sous
ce climat peu clément.
Ce type d'aménagement
est extrêmement rare
-un seul autre exemple est
jusque là connu mais
plus simple- à Thysdrus
à cause de la pénurie
cruelle de l'eau. A côté
de ce corps principal et
prestigieux de la demeure
où le maître
de la maison tenait à
afficher son image de marque,
étaient aménagés
des appartements privés,
accessibles par une des
galeries du péristyle,
et qui formaient un ensemble
distinct où se déroulait
la vie quotidienne de la
famille, loin des regards
étrangers et du vacarme
de la rue. De coquettes
chambres à coucher
constituaient un espace
propice au repos. Les unes
étaient simples et
les autres d'apparat mais
elles étaient dans
presque tous les cas précédées
d'antichambres
destinées à
préserver l'intimité
des habitants. L'emplacement
du lit était marqué
par un décor simple,
généralement
un dessin géométrique,
alors que la partie visible
du sol portait des motifs
figurés particulièrement
élaborés.
Quant à la chambre
d'apparat, elle comportait
deux parties distinctes
: la première surlevée
d'une trentaine de centimètres,
marquait l'emplacement du
lit, la second, beaucoup
plus vaste portait un luxueux
pavement fait de plaques
de marbre de différentes
couleurs découpés
savamment disposées
de manière à
former un décor géométrique
ou figuré. Ce pavement
a été en majeure
partie détruit mais
le seuil a conservé
sa belle mosaïque représentant
deux paons affrontés
de part et d'autre d'un
cratère d'où
s'échappent des tiges
de rosier fleuri. De petits
salons intimes, dont un
en forme d'exèdre,
décorés avec
beaucoup de recherche, servaient
de refuge à ceux
qui voulaient se livrer
à la lecture, à
la méditation ou
à des conservation
courantes.
Cette impressionnante
demeure a été
édifiée au
cours de la seconde moitié
du IIe siècle après
J. C. (vers les années
170 environ) et a duré
jusqu'à la fin du
IVe siècle, voire
jusqu'au début du
Ve. Ses propriétaires
étaient des gens
très riches comme
le montrent des fragments
d'amphores qui ont servi
à l'importation du
garum (sorte de saumure
avec suc de poissons divers)
de Lusitanie (Portugal)
et du vin des îles
grecques alors que ces deux
denrées étaient
couramment produites dans
la région même
(Sallacta, Ksour-Essaf).
C'étaient aussi des
gens hors du commun comme
le prouvent la somptuosité
et le caractère exceptionnel
des mosaïques qui ornaient
les sols de leur demeure.
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